Dimanche 31 janvier 2010
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Article sur le film de Fernand Leger. Ballet mécanique
Les images sont projetées à un rythme soutenu et sont le fruit d’association libre, celles ci s’adressent plus au subconscient qu’au conscient. Une telle cadence rend difficile
une mise à distance, une mise au point. Très vite on perçoit les machines et leur ambiguïté. Elles sont propres à faire rêver comme elles sont mécanisme de guerre. Le tourniquet et le manège
s’imbriquent avec la pompe, le tunnel du canon, la vitesse, le danger. Un processus est en marche, impossible à maîtriser.
Les corps et les machines sont mélangés. L’homme dans le toboggan ou dans le tunnel. Son corps fait masse, il est ballotté, projeté et passif (chair à canon)
La machine aussi est un corps, on perçoit le processus de pompage, de respiration. Elle remplace les gestes humains, elle reste une construction humaine à l’image du corps. Ainsi le pantin,
l’automate, et autres robots renvoient aux mythes de fabrication de l’homme par l’assemblage de plusieurs processus mécaniques. Cependant le corps humain s’oppose aux éléments mécaniques en
mouvement par sa passivité, son inertie, le corps est manipulé, il est une masse sensible qui voit par la machine. Il voit le monde dans un système en mouvement et sa perception en est bouleversée,
déconstruite. Il est l’organisme de réception de la nouvelle image.
On peut également lire dans le film un processus de digestion de l’image. En particulier dans les boucles kaléidoscopiques : l’image est morcelée et les fragments pénètrent les uns dans les autres
dans un mouvement circulaire, ils semblent happés ou déglutis. Les boucles d’images dans leur mouvement de « va et vient », de pulsation, et le retour sans cesse de la boucle à son
point de départ, enfin l’inachèvement apparent des processus montrés crée une tension et un rapport de désir à l’œuvre comme à quelque chose que l’on ignore.
Par Adeline Ternant
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